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Guide · Charte éditoriale

Charte éditoriale : ce qu’elle contient, et comment la faire appliquer

Une charte éditoriale est le document qui dit comment votre marque écrit : son ton, ses mots, ses règles, avec des exemples. Elle se distingue de la ligne éditoriale, qui dit de quoi vous parlez. La plupart des chartes échouent non par leur contenu mais parce que personne ne les applique : un PDF soigné, lu une fois, puis oublié. Ce guide donne le sommaire type, la manière de décrire un ton pour qu’il soit imitable, des réécritures avant/après, et les trois règles qui font qu’une charte est vraiment suivie.

Charte éditoriale, ligne éditoriale, charte graphique

La ligne éditoriale décide du fond : publics, conviction, thèmes, angle. La charte éditoriale décide de la forme écrite : comment on s’adresse au lecteur, quels mots on emploie, quelles règles on suit. La charte graphique fait la même chose pour le visuel.

On écrit la ligne avant la charte. Une charte rédigée sans ligne décrit un ton très précis… au service d’un propos flou.

Ce qu’une charte éditoriale contient

Une charte utile tient en quelques pages et se lit dans l’ordre où l’on écrit. Voici le sommaire type, du plus structurant au plus détaillé. Les sections 3 et 6 sont celles qu’on consulte le plus : soignez-les en priorité.

  • 1. Rappel de la ligne : publics, conviction et thèmes, en cinq lignes.
  • 2. La personnalité de la marque : trois traits, chacun avec ce qu’il n’est pas.
  • 3. Le ton, en curseurs, avec ses variations selon le canal et la situation.
  • 4. L’adresse au lecteur : vouvoiement ou tutoiement, « nous » ou le nom de la marque.
  • 5. Le lexique : les mots à employer, ceux à éviter, et leurs remplaçants.
  • 6. Les exemples : réécritures avant/après, sur vos vrais formats.
  • 7. Les règles d’écriture : longueur, titres, chiffres, sigles, ponctuation, majuscules, inclusivité.
  • 8. Les règles par canal : site, blog, réseaux sociaux, e-mail, presse.
  • 9. La gouvernance : qui tient la charte, quand on la revoit, comment on vérifie un texte.

Décrire un ton qu’on peut imiter

« Chaleureux, expert, accessible » ne guide personne : tout le monde se reconnaît dans ces adjectifs, et chacun les comprend à sa façon. Un ton s’imite mieux quand il est décrit en positions sur des curseurs, chacune justifiée en une phrase, puis montré sur des exemples.

Choisissez trois ou quatre curseurs qui comptent dans votre métier et placez-vous sur chacun. Il n’y a pas de bonne position, seulement une position cohérente avec votre public et votre conviction.

CurseurD’un côtéDe l’autreExemple de position et sa raison
DistanceFormelFamilierPlutôt formel : nos lecteurs sont des dirigeants qui nous confient leurs chiffres
AutoritéExpert qui tranchePair qui accompagneExpert qui tranche, mais explique toujours pourquoi
LégèretéSérieuxJoueurSérieux sur le fond, une touche d’humour dans les accroches seulement
StyleSobreImagéSobre : des phrases courtes, une image par texte au plus

Réécritures avant/après

Les exemples font plus pour une charte que toutes ses règles. Prenez des textes que vous avez réellement publiés, montrez la version d’origine, la version conforme, et dites en une ligne ce qui a changé. Les trois exemples ci-dessous sont fictifs, écrits pour un cabinet comptable imaginaire qui a choisi le vouvoiement, un ton expert et sobre, et l’interdiction du jargon.

AvantAprèsCe qui a changé
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Paragraphe de blogIl convient de procéder à un rapprochement bancaire de manière régulière afin d’assurer la fiabilité des comptes.Faites votre rapprochement bancaire chaque mois : un écart repéré en mars se corrige en dix minutes, en décembre en une journée.Voix active, conseil concret, conséquence visible

Le lexique : mots à employer, mots à éviter

Le lexique est la partie la plus simple à appliquer et la plus facile à vérifier. Listez les mots de votre métier que vous employez toujours de la même façon, les mots que vous bannissez, et pour chacun le remplaçant. Un mot banni sans remplaçant revient toujours.

  • Les termes de votre offre, écrits une seule façon (« abonnement », jamais « formule » ni « pack »).
  • Les mots vides à remplacer : « innovant », « solution », « optimiser », « n’hésitez pas ».
  • Les sigles : développés à la première occurrence, ou évités.
  • Les anglicismes : lesquels sont admis dans votre métier, lesquels ont un équivalent clair.

Faire appliquer la charte : les trois règles qui manquent d’habitude

Une charte que personne n’applique ne coûte pas seulement le temps de l’écrire : elle donne l’illusion d’une cohérence qui n’existe pas. Les chartes qui tiennent ont en commun trois choses, rarement écrites dans le document lui-même.

  • Un responsable nommé : une personne tient la charte, arbitre les cas limites et valide les changements. Sans responsable, chacun l’interprète.
  • Une date de révision : par exemple deux fois par an, et à chaque changement de stratégie. La charte se met à jour avec les exemples nouveaux et les erreurs constatées.
  • Une vérification à la relecture : une liste courte (adresse au lecteur, mots bannis, longueur, appel à l’action) que le relecteur coche sur chaque texte, y compris ceux des agences et des pigistes.

La liste de relecture, prête à copier

Gardez-la courte : au-delà de huit points, elle n’est plus cochée. Adaptez chaque point à votre charte.

  • L’adresse au lecteur est la bonne (vouvoiement ou tutoiement, partout).
  • Aucun mot de la liste à éviter ; les termes de l’offre sont écrits de la façon convenue.
  • La première phrase dit ce que le lecteur y gagne.
  • Le ton correspond aux curseurs (relire une phrase à voix haute aide).
  • Les chiffres et les affirmations ont une source, ou sont retirés.
  • La longueur respecte la règle du canal.
  • L’appel à l’action est unique et clair.

Ce que Plume change : une charte qui écrit

Dans Plume, la charte n’est pas un PDF à côté de l’outil : c’est elle qui écrit. Votre ton, votre vocabulaire et vos exemples sont lus à chaque génération, quel que soit le format, et chaque texte reçoit un score de correspondance avec votre voix. Un texte qui s’écarte de la charte se voit avant d’être publié, pas après.

La charte se construit à partir de votre site, puis vous la corrigez. Le travail de ce guide reste utile : plus vos choix sont nets, plus les textes le sont.

FAQ

Qu’est-ce qu’une charte éditoriale ?

C’est le document qui fixe comment une marque écrit : ton, adresse au lecteur, lexique, règles d’écriture et exemples, avec leurs variations par canal. Elle garantit que tous les textes, quel que soit leur auteur, sonnent comme la même marque.

Que mettre dans une charte éditoriale ?

Un rappel de la ligne éditoriale, la personnalité de la marque, le ton décrit en curseurs, l’adresse au lecteur, un lexique (mots à employer et à éviter), des réécritures avant/après, les règles d’écriture, les règles par canal, et qui la tient à jour.

Quelle différence avec la ligne éditoriale ?

La ligne éditoriale dit de quoi on parle et pour qui ; la charte éditoriale dit comment on l’écrit. La ligne se définit d’abord.

Quelle longueur pour une charte éditoriale ?

Assez courte pour être relue : quelques pages suffisent si les exemples sont bons. Une charte de cinquante pages est rarement consultée en dehors de sa présentation.

Comment s’assurer qu’elle est appliquée ?

En nommant un responsable, en fixant une date de révision, et en vérifiant chaque texte à la relecture avec une liste courte. Un outil qui écrit à partir de la charte, comme Plume, réduit l’écart dès la rédaction.

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